
Bonjour Javier, comment ça va depuis notre dernière interview? Comment ont été la tournée et les disques?
Plutôt bien, je pense que depuis notre dernière entrevue ma vie n’a pas beaucoup changé, la dernière interview a été lorsque nous faisions la promotion du prédécent album “Dos” après avoir donné un concert à Paris… Nous avons eu un moment génial avec Minerve et Waiting for Words… la tournée nous ne la finissons jamais je pense, parceque nous sommes toujours en train de donner des concerts et promouvoir l’album, sinon nous avons démarré l’année comme tu le sais bien en tournée avec De/Vision en Espagne, en tant que leur première partie, et cela nous a permis de présenter mon nouveau disque “The Thin Line Between Love and Addiction”, qui sort le 21 avril, et dont est déjà extrait le premier single: “Modern Girls”. Nous présenterons le disque le 19 avril lors d’un concert à Madrid, un concert qui sera, comme je l’ai expliqué sur Myspace, le dernier concert avant un temps, j’ai besoin de me reposer un peu, ça fait 4 ans que je n’ai pas arrêté de travailler sur le projet Ultraviolet, et donc je veux faire un break.
Le nouveau single Modern Girls a l’air d’avoir un succès plutôt bon, n’est-ce pas?
La vérité est que je ne m’attendais pas à un tel accueil pour le single, qui est sorti le 1er avril, et qui s’est positionné directement à la position numéro 1 du portail de téléchargements légaux KlickTrack, qui est le premier lieu où il a été publié, et prochainement on pourra le trouver sur I-Tunes et d’autres plates-formes digitales en plus du format CD.
On dirait que les gens ont aimé ce choix de chanson pour le single, et j’en suis reconnaissant, surtout dans un monde tellement compétitif dans lequel les gens préfèrent télécharger gratuitement au lieu de payer 3 euros pour quelque chose qui vaut. Je suis vraiment reconnaissant envers les gens qui suivent Ultraviolet depuis déjà 4 ans depuis que nous avons publié A New Day.
Il y a peu de temps, tu as annoncé la volonté de t’éloigner des concerts pour un moment. Peux-tu nous dire quelques mots sur cette décision?
Comme je te l’avais dit avant, cette décision je l’avais déjà prise avant de jouer en première partie de De/Vision, j’ai bien réfléchi, et c’est vraiment ce dont j’ai besoin, me déconnecter et repartir à zéro, me rafraîchir les idées y revenir avec plus de force, et jouer en direct consume le peu d’énergie que l’on peut avoir, à force on fatigue avec les répétitions, les déplacements, la gestion de l’équipement, ainsi le mieux est de faire les choses en les appréciant, et si on ne les apprécie pas il vaut mieux alors rentrer chez soi.
Que vas-tu faire durant cette période, après le dernier concert?
Je vais me concentrer à passer beaucoup de temps avec ma petite amie, ma famille et écrire de nouvelles chansons pour un disque qui pourrait sortir fin 2009 si tout va bien; j’ai des idées, mais c’est encore tôt pour prendre des décisions, pour le moment je veux me reposer et profiter du travail qui a été bien fait durant tout ce temps. Je n’écarte pas l’idée de faire peut-être un projet parallèle en publiant un éventuel single, mais on verra bien, c’est encore tôt.
Parle-nous du nouvel album, “The Thin Line Between Love and Addiction”. On peut remarquer les paroles des chansons sont plus dures, parfois agressives. Quelle est ta manière d’écrire la musique et les paroles?
Ce nouveau disque est thématique, très obscur, je crois qu’en tout il s’agit de 10 titres et ce sont les chansons les plus sombres que j’ai jamais réalisées, à part “Thundering Beat”, qui est moins sombre de par sa mélodie, mais qui a quand même cette obscurité de par ses paroles.
C’est un disque très personnel, j’ai beaucoup soigné les paroles, qui parlent à chaque moment d’amour déchiré, de dépendance à l’amour, à une personne, à une drogue, elles parlent aussi de la vie nocturne, des clubs, du fait de se sentir utilisé, triste, et de se complaire dans la tristesse.
Comme je te le dis c’est une disque très sombre, et concernant la production je pense que le son est plus industriel; c’est toujours de la pop éléctronique, mais à certains moments les sons sont assez durs et distorsionnés, de même que les bases sont plus consistentes. Je suis très satisfait du résultat.
C’est un disque qu’il faut écouter seul, et l’écouter en entier, depuis la première chanson jusqu’à la dernière, dans l’ordre; pour moi ce disque est comme un film que tu dois voir en entier, sans sauter de chapître.
Combien de temps t’a t-il fallu pour faire ce troisième album?
Eh bien j’ai commencé à l’enregistrer si je me rappelle bien en janvier 2007, juste au moment ou “Dos” est sorti, je ressentais le besoin de raconter comment je me sentais à ce moment-là, et “Dos” était un disque d’amour, positif et beau, mais il ne correspondait pas aux sentiments que j’avais à ce moment-là… et il est clair que quand tu finis un disque il faut 4 ou 5 mois avant qu’il sorte dans le commerce, à cause du design, de la promotion, etc… une vie peut alors changer en 5 mois, et c’est ce qui s’est passé, et j’avais besoin d’écrire plus de chansons pour m’enlever la haine et l’amour tant déçu que je ressentais quand je l’écrivais, ce qui a fait que presque chaque mois une chanson était faite, puisqu’en août ce disque était fini et prêt à envoyer au label, mais il y a eu des problèmes pour le piblier avec A Different Drum, à cause du thème des paroles, comme elles sont assez agressives, et ils ne voulaient pas promouvoir quelque chose comme ça, ce qui fait que j’ai du trouver un autre label, et j’ai trouvé Crazy Bear. Et ensuite tu peux voir, entre août dernier et avril… 6 mois sont passés, avant sa publication. Ce qui fait que, ce qui est pour les gens un nouveau disque, est déjà quelque chose d’ancien pour moi.
Au début, quand ton premier album “A New Day” est sorti, en 2005, beaucoup de gens pensaient que Ultraviolet était le “De/Vision espagnol”. Aujourd’hui, on dirait que ton son est plus personnel. Durant notre dernière interview, tu avais dit que tu voulais en quelque sorte créer un “son Ultraviolet”, que quand les gens entendent ton disque, ils puissent dire “Tiens, c’est Ultraviolet”.Quand j’ai écouté ton dernier album, il m’a semblé être un disque avec un son plus mature. Quelques mots sur cette évolution? Es-tu satisfait du résultat actuel?
Je pense que oui, c’est un disque plus mature, on peut ressentir une évolution depuis “A New Day”: sur le premier album on pouvait entendre que j’avais beaucoup envie de faire quelque chose ressemblant à un certain style, à un certain groupe, il faut aussi comprendre qu’à l’époque j’avais 24 ans et certaines chansons avaient été composées quand j’en avais 23; il est donc normal que quand tu as cet âge-là, tu n’aies pas beaucoup de personnalité musicale, tu fais ce que tu entends, même si je reste très fier de ce premier disque: il y a dessus des chansons qui me semblent très bonnes, comme Oceans, Overcome, I Love You…
En 2007, Dos est sorti et je pense y avoir mis des choses plus rock, moins synthpop, et que j’avais un style qui s’éloignait déjà de ce “son De/Vision” que tu mentionnais. Aujourd’hui en 2008 sort mon troisième album, lequel ne ressemble que peu ou pas du tout à De/Vision, peut-être que nos voix ont un timbre semblable, mais concernant les chansons et la production, je pense que ce disque est très Nine Inch Nails, beaucoup plus industriel et beaucoup plus puissant que le précédent, et il y a beaucoup d’influence rock, mais sans enregistrer de guitares, et les voix sont plus expressives je pense, il y a pour moi une évolution vocale. Et surtout je pense que c’est le meilleur disque que j’ai pu enregistrer jusqu’à maintenant, et là où je l’ai remarqué le plus c’était pendant les concerts, dans lesquels les gens paraissaient être plus touchés par les nouvelles chansons que par les anciennes. Aujourd’hui j’ai 27 ans et non plus 23, et cela peut se remarquer d’une certaine manière. Le son Ultraviolet, je pense que je l’aurai probablement obtenu quand je serai mort, je pourrai dire que j’ai fait quelque chose qui est resté dans la mémoire des gens.
Partager la tournée de De/Vision est pour toi un rêve qui est devenu réalité, n’est-ce pas? Comment avez-vous contacté pour donner des concerts ensemble?
Eh bien ici en Espagne ça a été plutôt facile pour nous, nous avions déjà assuré la première partie de groupes comme Camouflage, Apoptygma Berzerk ou Mesh, et notre manager est le promoteur le plus important dans notre pays pour ce style de musique, et de plus nous sommes très amis avec Jan, le manager de De/Vision et tous ces groupes, ce qui fait que depuis que nous avons assuré la première partie de Apoptygma il y a quelques années, notre performance live l’a tellement plu, qu’à chaque fois qu’il fait tourner un de ces groupes, il nous demande si ça nous dit de jouer avec eux, bien que nous n’aimons pas trop faire la première partie de plus d’un groupe par an, puisque les gens peuvent se fatiguer au bout d’un moment ; je préfère offrir quelque chose de nouveau, à chaque première partie; ce n’est pas la même chose que de jouer devant tes 150 fans les mêmes chansons dans une année, et de jouer devant 400 personnes les mêmes choses tous les trois mois, en première partie. Et la vérité est que ça a été mieux que je ne l’espérais, nous craignions que parcequ’ils étaient des stars, ils n’auraient pas de sentiments humains très chaleureux, mais ils nous ont donné une bonne leçon: c’est le meilleur groupe avec lequel nous ayons joué, nous avons tous partagé ensemble, et il y a une vidéo sur notre site qui résume la soirée du concert à Barcelone. De/Vision, en plus d’être les plus grands de la scène à l’heure actuelle, sont des personnes grandioses.
Quel type de musique écoutes-tu dans ta vie personnelle?
Eh bien là, alors que je réponds à ton interview je suis en train d’écouter The Cure, mais mon iPod est rempli de chansons d’Apoptygma, De/Vision, Depeche, Placebo, The Killers, Editors, NIN, et un groupe espagnol. J’écoute toujours des choses nouvelles, et en fin de compte, la musique est pour moi fondamentale, mais ce que n’écoute jamais c’est de la dance.
Comment expliques-tu le fait qu’en Espagne la synthpop n’est pas très populaire?
Je pense que cette musique a eu son moment de gloire il y a 10 ans, et aujourd’hui il ne reste qu’une partie réduite de gens qui continuent à suivre ces groupes. Ici en Espagne De/Vision peut remplir une salle avec seulement 400 personnes, ce qui n’est pas beaucoup quand on tient compte de leur réputation, et c’est la même chose avec Mesh, ou Apoptygma, qui sont les pointures de la scène. Je pense que si les medias, la presse, la radio et la TV accorderaient un peu d’attention à cette musique, ils verraient qu’il y a des gens intéressés par cette musique, et bien sûr qu’il y a plus de gens qui ne connaissent pas ce type de musique, et qui s’y accrocheraient. Je pense que c’est le même problème partout.
Es-tu optimiste pour le futur?
Bien sûr que oui, je sais que je ne serai jamais célèbre, riche, et que je n’apparaitrai jamais sur MTV, j’accepte ce que je suis et les limites qui existent dans le marché musical, ce qui fait que je vivrai plus tranquille, et que je serai conscient de tout. Le futur est la chose la plus précieuse que nous avons. Bien que le présent, de manirèe plus immédiate, est que l’opportunité pour les gens d’acheter un nouveau disque ne les décevra pas.
→ Merci beaucoup pour l’intérêt que vous nous avez montré, et salutations.
Xavier © yaew.com
Liens:
http://www.ultraviolet-music.net
http://www.myspace.com/ultravioletspain
http://www.klicktrack.com/klicktrack/releases/ultraviolet/modern-girls

